Les répercussions de la pandémie COVID-19 sur les églises


Les répercussions de la pandémie COVID-19 sur les églises

Face à la propagation de la Covid-19, les responsables religieux sont obligés de s’écarter un peu de la porte de  leurs temples. En fait, cette nouvelle réalité a des effets considérables sur  les pratiques et les rituelles de la semaine sainte et la fête des Pâques, négligées, voire basculées dans l’oubli pour certains.

Habituellement bondées, en cette période de célébration Pascale, les rues de Rome étaient vides en dimanche Pâques et, les policiers déployés ces dernières années pour prévenir les attentats, veillaient surtout à faire respecter le confinement.

À Jérusalem, pour la première fois en plus d’un siècle, le Saint-sépulcre -considéré comme le lieu le plus sacré du Christianisme, où selon la tradition, le Christ a été mis au tombeau après sa crucifixion- était lui aussi fermé durant tout le week-end pascal. Seuls quelques religieux y ont célébré la messe de Pâques et quelques-uns s’y sont recueillis dans la cour intérieure.
Comment devrions-nous en tant que Chrétiens répondre à une telle crise? La réponse: avec de la foi, pas de la peur. Il nous faut regarder au cœur de la tempête et demander: « Seigneur, quelle leçon en tirer à travers tout cela »?

D’aucuns affirment que cette situation de crise révèle notre fragilité, notre égalité, notre perte de contrôle, notre besoin de Dieu et notre besoin de prier. Elle affirme également l’exclusion en tant que souffrance pour tous face à la vanité de nos vies…
À l’heure actuelle, selon les statistiques de l’OMS plus de 3 millions de cas de coronavirus ont été recensés parmi lesquels plus de deux cents mille personnes déjà décédées. Il a donc été un impératif pour les leaders politiques des pays concernés de décréter l’urgence sanitaire sur l’étendue de leurs territoires en incitant les populations à respecter le confinement, le lavage régulier des mains, le port de masques obligatoire, la distanciation sociale... Ce qui a engendré des effets négatifs dans la manière de fêter la Pâques cette année. Pour les catholiques, les messes ont été diffusées depuis les paroisses sur les réseaux sociaux; pour les protestants, certaines pratiques comme se sustenter du poisson le vendredi saint et participer aux emblèmes sacrés le dimanche Pâques ont été presque négligées à cause du deuil pour certains, et à défaut de fonds pour d’autres.

Par ailleurs, en dimanche Pâques, le pape François,  avant sa traditionnelle bénédiction pascale « Urbi et Orbi » a appelé à répondre à la pandémie de la Covid-19 par « la contagion de l’espérance » en exhortant les pays riches à se garder de tout égoïsme vis-à-vis des pays pauvres. Depuis l’intérieur de l’immense basilique Saint-Pierre presque vide à l’heure du confinement, les premières pensées de François ont été adressées « aux malades, à ceux qui sont morts et aux familles ». Il a aussi  affirmé la nécessité de consolider les liens entre les jeunes et les personnes âgées, en allant visiter les plus anciens, en discutant avec eux et en les prenant sous l’aile. Et l’an dernier, le Pape avait célébré une messe en plein air, acclamé par 70.000 fidèles massés sur la place Saint-Pierre au Vatican.

S’il reconnaît que la plupart des gouvernants ont pris des mesures exemplaires, en faisant passer le bien des personnes au-dessus des logiques économiques, le Pape relève que la réflexion collective a été trop longtemps façonnée par la finance. Il s’en prend à la culture du déchet qui pousse notamment à jeter les embryons d’enfants trisomiques pendant la grossesse et à ne soigner les personnes âgées que « jusqu’à un certain point » signes d’une culture de « l’euthanasie légale ou secrète ». Dans la foulée, il a fait une mise au point sur l’encyclique du pape Paul VI en stipulant que : « Paul VI a sonné l’alarme face à cette vague de néo-malthusianisme. Nous y assistons à présent dans la manière dont les gens sont sélectionnés en fonction de leur utilité ou de leur productivité: la culture du jetable ».
En somme, peut-on parler d’une sagesse du présent pour: « S’occuper de maintenant pour le bien de demain »?

Lorvil Joe Nelly
Etudiante en Gestion des Affaires/INAGHEI



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