Un Policier ou un Bandit?
À l’avis de Fernand Braudel, le banditisme est une « marée
sociale » ou encore une inondation enclin à «soulever les eaux les plus
diverses ». Il prend aussi la forme d’une « revendication politique et sociale
»... Selon lui, le bandit s’identifie aux autres gens normaux de la société, à
travers les crimes, le coupage de routes, les assassinats, les incendies, la
capture et le rançonnement des gens y compris vol qu’il cumule à son actif dans
la société. Restant dans ce même ordre d’idées, l’historien Eric J. Hobsbawm
ajoute « le reniement à la soumission aux lois, la rébellion à la politique et
la société » comme critère épine dorsale du banditisme.
Tout porte à expliquer que toute revendication politique
ou sociale- qui nourrit dans son sein le crime, le blocage de la circulation,
l’assassinat, l’incendie, le capture et le rançonnement des gens y compris le vol
ou encore le kidnapping (un terme très fréquent actuellement)- est tout simplement
appelé « banditisme ». Voilà qu’aujourd’hui nous sommes en présence d’une
situation où des gens (des policiers) qui, en principe, devraient se porter
garant de la paix et la stabilité ou, au sens plus large du terme, devraient se
tâcher de capturer tous les voleurs, assassins, brigands... tiennent lieu et
place de ces pathogènes sociaux, en sombrant la population dans une peur bleue.
Personne ne sait quoi faire. Selon que les voleurs, kidnappeurs, les
incendiaires, les assaillants se trouvent de part et d’autre.
D’ailleurs, si élevé est ce nombre, cela ne vaut pas la peine
de prendre en compte l’effectif des policiers qui sont membres des associations
de malfaiteurs, barons du trafic de stupéfiants ou des gros bonnets de la
drogue, approvisionnent les assassins notoires ou des chefs de gangs en armes
et en cartouches sous l’étiquette de « polis blòdè », tiennent le premier rang
des assassinats en série, rançonnent les individus, kidnappent des fils de la
population, pratiquent des séances de torture pour leur compte ou pour le
compte des chefs de gangs, violent les filles ou les agressent sexuellement,
incendient des individus et des biens publics et privés... bref, tout comme les
grands bandits qui tiennent en otage les quartiers populaires, certains
policiers sont de ce même rang.
Nombreux sont les soucis auxquels font face la population
haïtienne au quotidien. Ce que nous pouvons ouvertement mentionner en faisant
un tour aux faits dominants de l’actualité-scellée par le spectre du
kidnapping, le vol, l’assassinat, les actes de vandalisme perpétrés de çà et
là... mais surtout par le chantage qui terrorise l’État. Lequel chantage est
minutieusement orchestré par des agents des Forces du Désordre de la Police
Nationale d’Haïti qui estiment opportun ce moment de troubles sociaux et de
détresses économiques pour soutirer un magot dans les caisses publiques. De
véritables vautours qui extériorisent leur soif d’argent qu’ils ont longtemps dissimulé
dans les tortures qu’ils ont fait subir les populations et les multiples
contraventions arbitraires. C’est horrible d’imaginer que de nos jours cette dégénérescence
morale est si épaisse qu’elle arrive même à jeter dans les poubelles de
l’histoire le souci de servir son pays, ce qui est un principe élémentaire dans
l’échelle de valeurs de la Police Nationale d’Haïti. Ce qui n’est pas vraiment
une surprise, car Haïti est le seul pays du monde où n’importe qui croit
pouvoir être n’importe quoi. Et qu’il faut tout simplement faire carrière dans
la destruction des biens d’autrui, des biens publics, dans le bousillage de la
carrière des hommes bien cultivés avec un média bourré d’aigris, de menteurs et
d’hypocrites, là-pour-ça. Et qu’après toute une carrière répugnante, ce sont
ces gens-là qui seront devenus députés, sénateurs, ministres, fonctionnaires de
l’État... Haïti, un pays spécial!
Pourquoi c’est en ce moment même de crise aiguë, qu’il
paraît normal pour des hommes dénommés gardiens entre guillemets de la paix
d’occasionner ce réveil brutal du monstre de l’instabilité ou encore de nourrir
les vampires de la politicaillerie haïtienne par des pratiques anarco-populistes
? Une réponse qui ne saurait échapper à l’intelligence de tout un chacun qui
maitrise les moindres efftes et gestes de cette opposition nihiliste de la
Peau-lie-tique instaurée dans le pays depuis 1986.
« Syndiqué ou la dissolution de la PNH », clament plus d’un,
de ce seul corps légal de répression, jusqu’à date. De ces dires combien
séditieux, il y a lieu de déceler l’âme de cette combine sur front d’un
terrorisme Urbain, d’une terreur policière alimentée à une opposition politique
apparemment moribonde en matière de stratégie efficace susceptible à renverser
le pouvoir en place. Notamment après s’être lancée, depuis plus de cinq mois de
« Pays Lock », à une guerre d’usure contre Jovenel MOÏSE qui se tenait raide comme
une queue de macaque, cette opposition fonce droit dans le mur par un échec
cuisant. Laquelle opposition, en panne d’inspiration, est en train de tirer sa dernière
épingle du jeu par une manipulation sanguinaire des renégats de la police nationale.
En vue de rendre cette dernière sans effet, indifférente à tout éventuel
brigandage. Considérant à cet effet les propos du Docteur Henry Robert STERLIN
inspiré du syndicalisme et de l’ouvriérisme de Marx et d’Engels, nous citons :
« Le Syndicat est un organe de lutte au service exclusif des intérêts du
prolétariat qui y accourt pour s’y former [...] les deux frères siamois dans la
conduite de la pensée révolutionnaire... », il parait plus que clair que jamais
pour quiconque que ce mouvement de protestation enclenché par les bigailles
politiques de la PNH n’est qu’un prétexte-aussi juste soient elles, les revendications-
devant permettre aux chiens de garde de l’opposition politique de terminer le
travail mal fait par des handicapés mentaux, acteurs du « Pays lock ». Ceci
étant dit que les policiers protestataires servent de drap pour couvrir toute
une entreprise criminelle avec pour artisan des hommes d’affaires, des
directeurs de médias, des aigris politiques, des bandits, mais aussi des
pseudo-défenseurs de droits humains, pour répéter les dires de certains. De
cette même veine, nous nous efforçons de prendre au sérieux les préoccupations
de certains expérimentés de la politique qui auraient fait croire que le kidnapping
est une autre phase de la lutte de l’opposition contre le pouvoir. Celle de la
« CAPTATION DES RESSOURCES FINANCIÈRES
», qui est une sorte d’« IMPÔT RÉVOLUTIONNAIRE », pour répéter ABIMAËL GUZMAN.
Avec pour but principal d’instituer une psychose de peur chez tout un chacun
vivant actuellement dans le pays, que ce soit petits bourgeois sombrés par
l’inquiétude de perdre leurs avoirs et leurs vies, intellectuels, écoliers...
Yannick JOSEPH, chef de file de la caravane du danger, de
la perturbation de l’ordre public et du fonctionnement de l’État, est en
marche vers la déstabilisation des institutions du pays déjà en déliquescence.
Une arrivée triomphale-preuve palpable d’un État néant- animée par l’ordonnance
de tirs nourris par monts et par vaux à travers la capitale et sans besoin de mentionner
le verdict du feu qui n’épargne même pas les patrimoines historiques du pays.
Face à ces agissements odieux, force est de constater le
silence presque complice des organisations dites de Droits Humains, toujours au
cœur des évènements , qui auraient fait croire que leurs missions se résument à
la défense des humains, à la dénonciation des actes de violations des droits,
d’abus d’autorité... Dans ce cas précis, y’a-t’il pas violation des lois, des
valeurs démocratiques, que des policiers, au cœur d’un spectacle inédit de
l’histoire d’Haïti, armes en mains, font feu sur l’institution même qu’ils représentent?
Aujourd’hui, la situation du pays est devenue plus incertaine,
suivant que personne ne sait qui est qui. Qui dit policier dit bandit, il n’y a
plus vraiment une figure de référence. Enfin de compte la population est livrée
à un « Chacun pour soi, Dieu pour tous ».
Rutherford
Tcharlends PIERRE,
Politologue,
Juriste,
E-mail
: rutherfordtcharlendsp@gmail.com
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