Le mode de gouvernance lié au transport routier entre les communes de carrefour et de Port-au-Prince : Une réalité qui nous interpelle!
Le mode de gouvernance lié au transport routier entre les
communes de carrefour et de Port-au-Prince : Une réalité qui nous interpelle!
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Numéro/ Rubrique Transport (Vol.1 No 3e) »
D’après l’article 234 de la
Constitution haïtienne, « l’Administration Publique Haïtienne est l’instrument par
lequel l’État concrétise ses missions et objectifs.
Pour garantir sa rentabilité,
elle doit être gérée avec honnêteté et efficacité ». Avant, soit dans les
articles 62,63 etc… cette même constitution prévoit d’autres systèmes administratifs dans la
gestion des affaires du pays. C’est le cas pour le système de transport dans
lequel non seulement l’administration centrale joue son rôle, mais aussi les
autorités des collectivités territoriales. En ce qui a trait au transport, bon nombre
de ministères sont chargés au niveau central de prendre des décisions dans la
gouvernance du transport routier en Haïti. C’est le cas du Ministère des
travaux publics et de la communication qui a comme mission de concevoir, de
mettre en œuvre et d’appliquer la politique de transport de l’État.
A cet effet, il a pour attribution
d’assurer l’étude et la planification, l’exécution, l’entretien, le contrôle,
la supervision et l’évaluation de toutes les infrastructures physiques relatives
aux équipements urbains et ruraux, aux routes, ports et aéroports, aux systèmes
de télécommunications et ensuite, il a la responsabilité d’établir les
règlements d’urbanisme et les normes techniques de construction de routes.
De plus, ce ministère est
chargé de la construction et de la supervision des routes, des infrastructures
liées à la gestion du secteur de transport, plus spécifiquement le transport
routier etc. ce qui nous permet de conclure qu’il est l’organe chargé d’assurer
l’exécution de la politique de transport du gouvernement, et de mettre en place
des mécanismes nécessaires aboutissant à l’efficacité et l’efficience de ce
secteur (décret-loi du 18 octobre de 1983).
2- De même que le
MTPTC, le Ministère de l’Intérieur et les Collectivités Territoriales (MICT)
est chargé d’assurer le contrôle global des routes en vue d’instaurer un climat
de sécurité routière, de s’assurer que les principes de la route sont respectés
en vue d’établir l’existence de la sécurité et la quiétude d’esprit des
individus.
2.2- De la responsabilité des collectivités
territoriales.
Au niveau de la
décentralisation, deux constats sont possibles d’après la Constitution
haïtienne. Dans un premier niveau, il y a les organismes techniquement décentralisés
qui évoluent dans la gestion de transport routier en Haïti et qui concernent
surtout les communes en question. Ces organismes-là sont dotés de pouvoir
juridique et sont capables de prendre des décisions autonomes en ce qui a trait
à la gouvernance de ce secteur. À cet effet, le décret du 21 septembre de
1967 créant l’Office Assurance Véhicule Contre Tiers (OAVCT) est l’organe
chargé de protéger et de sécuriser les usagers de la voie publique (piétons,
véhicules) et tous ceux qui s’y exposent (Murs, Barrières, Maisons, Poteaux
électriques) en exigeant une couverture d’assurance à tous les véhicules à
moteur circulant sur tout le territoire national. Et ensuite, offrir des
services couvrant toutes
opérations liées aux transactions des véhicules et d’autres services comme : Émission
de police d’assurance, renouvellement, transfert de nom, transfert de type,
expertise des véhicules, constat d’accident, réclamation/remise de chèque au bénéficiaire
et enfin offrir des services ambulanciers. Donc, à travers ces services,
l’OAVCT collecte toutes les informations nécessaires sur les véhicules qui
fréquentent le système de transport haïtien et protège en quelque
sorte les usagers de la voie publique. De plus, il y a la Direction Centrale de
la Police Routière (DCPR) qui est une instance créée par les autorités publiques
en vue de contrôler de près la circulation sur le territoire haïtien. Ainsi,
cette direction a pour mission de contrôler la circulation routière dans un
souci de prévention et de répression afin de faire baisser sur les routes le
nombre d’accidents dûs aux comportements dangereux, à la vitesse et à l’alcool.
La raison du contrôle routier vise aussi à lutter contre la circulation de
véhicule en mauvais état et/ou en
surcharge. D’un autre côté, on a créé un service de signalisation routière dont
le principal rôle est d’assurer la gestion et le contrôle
de la signalisation sur les
routes notamment la route de Port-au-Prince et de carrefour. Pour répondre à sa
tâche, trois attributions sont à son actif telles que : l’exécution de tous les
travaux de signalisation routière de la république d’Haïti, la réalisation des études
pour la mise en place des panneaux dans la rue, la mise en place de ces
panneaux et de leur entretien. Dans un second niveau, d’après les articles 61, 62,63…
de la Constitution, les autorités locales à savoir les MAIRES, les ASEC et
CASEC sont aussi des parties prenantes dans la gestion du secteur de transport
routier notamment celles des communes concernées à savoir la commune de
Port-au-Prince et la commune de Carrefour. En ce qui a trait à la responsabilité locale, ces autorités
instituées sont censées charger de faire une gestion de proximité dans ce
secteur c’est-à-dire, d’être beaucoup plus présentes dans le contrôle et la
supervision des tronçons de routes. Elles doivent contribuer à l’aménagement des nids de poule
c’est-à-dire de réparer les routes qui sont souvent crevées, contribuer à
réparer les territoires et aussi éviter à ce que les marchands y prennent
place, contribuer au nettoyage des trous égouts afin de faciliter une bonne circulation des eaux de
ruissellement, mettre en place des infrastructures routières telles que des gars
permettant aux conducteurs de stationner, mettre en place un service municipal
de contrôle des véhicules de transport (que ce soit privé ou public). En ce qui
a trait aux motocyclettes qui sont très nombreuses sur la route, les autorités
municipales doivent contribuer à les identifier afin de maintenir un contrôle beaucoup plus
rationnel, participer à la formation des usagers afin que ces derniers puissent
adopter un meilleur comportement à l’égard des véhicules qui sont de nature
très dangereux et enfin mettre en place une police municipale routière en vue
de freiner tous les excès intolérables en ce qui a trait à la circulation
routière.
3- la réalité de transport
routier dans les communes de carrefour et Port-au-Prince.
Concrètement, depuis plus de
trois décennies, il semble que ce secteur soit complètement oublié. Les
autorités chargées de le réguler sont sans doute dépassées par les évènements. Les
petites mesures prises sont insatisfaisantes et ne peuvent en aucun cas
conduire à la bonne marche de ce secteur. Ainsi les réseaux routiers sont
complètement dénudés et ne respectent aucune norme de transport, parfois ils
sont mal aménagés, et sont souvent en mauvais état et le pire, ils sont en terre
battue. Quant aux véhicules, elles sont restées tout simplement sur le contrôle
de leurs propriétaires, elles ne sont pas expertisées, et aucune institution
spécifique n’est pas vraiment active et opérationnelle pour mener un contrôle
optimal en ce sens. Les chauffeurs, quant à eux, parfois ils sont mal formés et
ne respectent aucune norme de conduite et de circulation. Les usagers, sur ce
point, ils sont des laissés pour compte, ils sont totalement empilés dans les
voitures et passent plusieurs heures à l’attente de l’arrivée des voitures de
transport, situation à laquelle, les usagers de Port-au-Prince et de carrefour
ne sont pas épargnés.
Et de plus, ils sont souvent
très exposés à des cas d’accidents, de blocus et d’embouteillage absolus et
monstrueux. Du point de vue législatif, aucune loi n’est disponible pour
réguler ce secteur en Haïti. Il existe seulement quelques textes juridiques
permettant à d’autres institutions d’intervenir dans ce secteur par rapport à
leurs attributions et missions.
Dans un tel contexte, on
comprend bien que le secteur de transport en Haïti, au regard de ce qu’on appelle
la gouvernance est dans une situation très chaotique. Il n’y a pas un ordre de
décision effective et exécutoire. Les sanctions, les contrôles exigés quotidiennement
dans ce secteur, que ce soit sur les voitures, les chauffeurs et même les
usagers sont presque invisibles, ce qui exige un autre pacte commun pour un meilleur
agir dans ce secteur afin d’aboutir à une efficacité maximale pour le bien-être
de tous. Dans un article de Marc Donald
St-Ange paru dans le nouvelliste le 13 juin 2017, on a retenu que le nombre
d’accidents routiers à l’échelle nationale est estimé à 45780. Cette quantité
est repartie entre 29,583 accidents en milieu urbain et 16,200 en milieu rural
(OAVCT, étude réalisée de 2000 à 2010). Même si dans nos recherches, nous
n’avons pas pu retrouver des informations réelles sur ces dernières années,
surtout pour les communes concernées, compte tenu de la situation de voyage des
usagers dans ces communes, les résultats ne peuvent pas être autrement car aucunes
mesures réelles ne sont prises en vue d’améliorer le sort des usagers de ces voies.
Comme d’habitude, les routes sont remplies de nids de poules. Partout sur les
trottoirs les gens sont massés en vue d’étaler leurs marchandises. Les
marchandes de nourritures, de vêtements, de bois et les motocyclistes sont
les seuls détenteurs des trottoirs, sans oublier notamment le marché de poisson
situé à Fontamara 43 qui se trouve presque sur la route. En ce qui a trait
au nombre de véhicules qui circulent sur cette voie quotidiennement, ils sont de
plus de trois mille empruntant de multiples directions -ils vont dans les
départements de Nippes, Sud’est, Sud, Grand ‘Anses et quelques autres communes
du département de l’Ouest-. En qui a trait à la situation des usagers, ces
derniers sont souvent empilés les uns sur les autres. Les bancs, dans les minibus
peuvent recevoir près de 3 à 4 personnes, pourtant, les chauffeurs exigent au
moins 5 à 6 personnes d’y prendre place.
De plus, il y’a plein de gens qui sont restés debout dans les
bus ou les camionnettes et le pire de tout cela, les usagers n’ont rien fait en
terme de pression sociale pour forcer les dirigeants à prendre des solutions
d’amélioration. Parfois, l’embouteillage est tellement sauvage qu’il incite les
usagers à laisser le bus ou la camionnette sans toutefois être remboursés par
le chauffeur. Compte tenu de l’ensemble des voitures qui circulent sur la route
quotidiennement, une seule tronçon de route est insuffisante. Parfois, les
chauffeurs avaient l’habitude de circuler sur la route de la section communale
de Martissant, pour certains appelés « nan Bany », de nos jours cette voie est
impraticable pour des raisons d’insécurité. Lorsqu’on est en moment pluvieux où il fait tard dans
la journée, les chauffeurs haussent les prix à leur gré et ne respectent pas les
prix fixés par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST). Par souci
de vouloir rentrer chez eux, les usagers acceptent purement et simplement ces situations
sans même riposter. Parfois en absence des forces policières, les chauffeurs
conduisent mal et provoquent de grandes situations d’embouteillage.
Dans une telle situation
critique, il devient urgent que les autorités concernés interviennent. Que ce soit
les autorités centrales et les autorités locales, elles ont toutes quand même
un effort à faire en vue de parvenir à une amélioration. De plus, cela exige la
nécessité d’une participation citoyenne en vue de reconstruire une influence
critique pouvant inciter les acteurs publics à agir rationnellement. À notre humble
avis, même si les ressources limitées, elles doivent en conséquence être
utilisées à des fis opportunes en vue d’assurer un meilleur futur de notre présence
critique. Donc, l’approche de gestion appliquée par les dirigeants
d’aujourd’hui ne permet pas de répondre aux grands problèmes confrontés dans la
situation de transport routier en Haïti, notamment dans les communes qui
constituent la tablature de notre travail. De ce fait, une approche rigoureuse,
qui tient compte de la réalité galère d’aujourd’hui doit être vivement
encouragée. Car un souci minimal à un ensemble mesures pourrait faire mieux si
bien que les acteurs avaient l’intime conviction d’agir pour le bonheur de la
communauté. Ce qui nécessite ce que les autorités locales fassent leur
nécessaire pour sortir ces deux communes dans cette situation critique.
Premièrement, elles doivent développer la conscience citoyenne en vue
d’obtenir la volonté politique d’agir au bonheur de la communauté, puis
d’appliquer à l’alerte les prérogatives légales de leurs responsabilités, de
mettre en place un service d’équipements et d’infrastructures de transport en
commun avec des bus de grande capacité qui peuvent obtenir entre 70 et 100
personnes, elles doivent développer des partenariats que ce soit avec d’autres
communes ou avec des organismes privés en vue de rendre une circulation
beaucoup plus fluide dans les communes de Port-au-Prince et de carrefour et
enfin, de mettre en place des organes pour réaliser des études sur la situation
de transport dans les communes et de proposer des solutions.
Raynold CANTAVE,
Étudiant Finissant
en Administration Publique/ INAGHEI
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