L'heure n’est-il pas à une nouvelle approche ?

L'heure n’est-il pas à une nouvelle approche ?

A la chute du régime dictatorial duvaliériste en 1986, l’obscurité s’estompait en faisant place à une lueur d’espoir. On pensait à un renouveau qui allait à tout jamais marquer le tournant progressiste de notre pays. Tel était le rêve de tous les haïtiens ayant répugné la dictature et en quête de démocratie. Au regard de la situation actuelle, celle-ci n’a-t-elle pas échoué ? Où en est-on 33 ans après?
 De nos jours, Haïti présente l’image d’un pays dévasté par des crises politiques et des luttes intestines, une carence accrue de leadership et un mauvais mode de gouvernance sans précédent. En un mot, un système politique dévastateur basé sur la corruption et les inégalités sociales. Mais qui sont les v rais responsables de la perpétuation de ce système ? Qui sont-ils ces manipulateurs, ces profiteurs de l’ignorance de cette population pataugeant dans la pauvreté ? L’envol vers le développement que devait marquer l’après 1986, aujourd’hui se traduit en une descente aux enfers où l’économie, l’éducation, la santé, le développement social, les infrastructures, l’industrie, l’énergie, l’environnement, la sécurité, la bonne gouvernance et biens d’autres ne sont que fantasmes aux yeux de la population accroupie dans cette boue nauséabonde. Le constat est pourtant alarmant : la corruption gangrène l’Administration publique ; le pays est infecté de politiciens corrompus ; une classe minoritaire se disant bourgeoise maintient et alimente cette pauvreté. 
Avec le président Jovenel Moise, aujourd’hui nous traversons une crise aiguë. Le pays n’est pas gouverné depuis plusieurs mois. Arrivé au pouvoir depuis le 7 Février 2017, le président ne cesse de subir l’assaut de ses opposants et de la population qui n’en peut plus et qui ne croit plus aux promesses de campagne. Un président décrié et qui serait impliqué dans des scandales de corruption. 
Par ailleurs, depuis plusieurs mois, le dialogue national tant prôné par le locataire du Palais national semble ne pas être possible. Rien ne fonctionne : écoles, entreprises, marchés… jusqu’où irons-nous ? 
En prenant un recul sur la situation, nous pouvons constater que ce mouvement de « rache manyòk » ne peut apporter rien de bon et n’aura aucunes retombées positives pour le pays. Le départ du Président Jovenel Moise serait-il la solution à nos problèmes ? Le mandat présidentiel a- t-il réellement été le vrai problème de ce pays ? Connaissons-nous les véritables protagonistes de ce système ? Quelles   garanties aurons-nous donc au lendemain du départ du président ? N’est-il pas temps de miser sur une approche autre que le « vle pa vle, fò l ale » ? Il importe de constater que le problème ne vient pas du président à lui seul. Qu’en est-il du parlement, du système judiciaire ? N’ont-ils pas leur part de responsabilité dans la situation actuelle du pays ? Il est grand temps que chacun assume ses responsabilités et agisse désormais dans l’intérêt de notre pays. 
En fin de compte, au lieu de nous concentrer sur le passé, il est temps de se ressaisir et d’œuvrer pour notre avenir commun à l'instar du Rwanda. La population doit aussi se méfier de toutes manipulations politiques, car nous votons des présidents pour ensuite demander leur départ et ceci à plusieurs reprises.  S’agit-il de malédiction ? Mais aussi, comment demander à une population qui a du mal à se nourrir au quotidien de faire tant de réflexions ? Nous arrivons à un moment où la plupart des gens réfléchissent par leur ventre. Si cette situation de «pays lock » continue, l’histoire ne va-t-elle pas se répéter à travers un autre 28 Juillet 1915 ?

Offency Faubert B.C.S, Étudiant 
en Année propédeutique à l’INAGHEI

Commentaires

  1. Félicitations ! Le texte est bien présenté,pas mal pour la petite historicité aussi . Alors j'ai une question :
    Devons nous construire ou reconstruire Haïti ???

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    Réponses
    1. Merci à vous!
      Pour répondre à la question, je pense qu'il y a lieu de faire les deux approches compte tenu des paramètres mis en évidence
      Personnellement,je parlerai plutôt de reconstruction bien que cela n'ait pas été réalisé dans les normes cependant on a déjà un système éducatif,un système de santé, un système judiciaire, un système social et tant d'autres choses qui ont déjà été établies mais qui malheureusement ne fonctionnent pas comme ils devraient, c'est pourquoi nous devons penser à rétablir les normes, le respect des institutions surtout étatiques et si on doit repenser,refaire tout ça, mieux vaut parler de reconstruction.
      Mais là encore, on a l'impression que rien n'a vraiment été construit puisque pour construire il faut penser à un plan élaboré qui assurerait le fonctionnement de ce qu'on construit, mais là c'est comme accouché du grand n'importe quoi!

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