Entre l’ignorance, la méconnaissance historique et l’analphabétisme politique : « François DUVALIER, le bouc émissaire des langues de vipères- artisanes de la détresse haïtienne » Assez, les hypocrites!

Entre l’ignorance, la méconnaissance historique et l’analphabétisme politique : « François DUVALIER, le bouc émissaire des langues de vipères- artisanes de la détresse haïtienne »
Assez, les hypocrites!

Il y a cinq décennies dans ces eaux-là, presque quarante-huit ans déjà écoulés, plus d’une génération déjà passée, depuis que les débats sur la politique haïtienne n’a pour arrière-plan qu’une seule image. Une seule figure, pas plus, sur laquelle sont charpentés tous les dits impressionnants arguments des hommes très connus pour leur constance dans les médias locaux ou internationaux. Une figure qui, en traversant l’étendue des dires d’aucuns, a valeur d’un système de vingt-neuf ans. Un système sans précédent. Cette figure-là, renvoie à la personne de Docteur François DUVALIER.  Sur qui, certains disent beaucoup! En ce sens, que devons-nous savoir de ce dernier? Que pouvons-nous savoir de lui? Que faut-il savoir, en fait, d’icelui? Ces trois interrogations qui, soulevées parmi tant d’autres possibles,  renvoient à une réponse générique, à savoir : « François DUVALIER, un objet d’études riche, complexe, controversé qui symbolise l’immortalité et une intelligence– peu commune dans l’histoire de l’humanité– d’un  homme issu d’une classe dite inférieure « la Classe Moyenne». Il est également quelqu’un à enterrer la mémoire afin que son supériorisme historique ne soit pas porté à la connaissance de l’avenir.

Vécu quatorze ans au pouvoir, dans un combat sans repos ni trêve contre des éléments pervers d’un système réputé historiquement d’ostracisme ou d’exclusion sociale, politique et intellectuelle, François DUVALIER, à cause de ces rêves, n’a connu même une nuit, pendant son passage au pouvoir,  dévêtue de soucis, de tracas. Entre complots,  trahisons de toutes formes, des manœuvres séditieuses à répétition  (en deçà des frontières) et des persécutions, des invasions féroces (au-delà de ces dernières), il a connu une histoire malheureusement héroïque pour avoir eu gain de cause de 19 complot, trahison, combine, invasion. Lesquels forment la nomenclature d’attaques criminelles qui furent comme une perversion qui, ayant valu des nuits et des nuits blanches, coûta mortellement sa vie.

Des attaques criminelles allant de son investiture en 1957, bien accueillie par un complot à  Mahotière (le 30 Avril 1958), à l’attentat du Colonel Octave Cayard (le 14 Avril 1970) qui a scellé le testament de son dernier jour sur terre en 1971. Un contexte sociopolitique particulier qui, ayant dû être déterminant dans les actes politiques posés par Papa Doc pour la survie de son pouvoir, ne ressort jamais dans les débats politiques hautement vulgarisés depuis le lendemain de 1986. Le seul refrain qu’on entend souvent des langues de vipères de ce lendemain ténébreux dès 1986 : « DUVALIER, un assassin, un sanguinaire... ». Malheureusement, cette version des ultra-profanes est consommée naïvement, sans nulle nécessité de curiosité intellectuelle même chez certains soi-disant  intellectuels, nés sans doute de la dernière pluie, sous les feuilles mortes de la sécheresse du savoir. 
Mais qu’est-ce qu’ils ne veulent pas que nous sachions, ces braillards ?

Contre toute volonté suicidaire, autant que la fierté d’être un national s’avère d’une grande importance pour l’approbation du sentiment à un pays, c’est autant que des hommes comme François DUVALIER ne cesseront jamais d’être évoqués dans l’histoire. Tels que certains le disent actuellement : « anverite pito Duvalier te la!».  Selon que le plus grand mal, parmi tant d’autres maux, que souffre l’haïtien de nos jours, est la disparition de la fierté d’être fils et filles du pays. Si ce n’est que par orgueil d’avoir à subir une humiliation pour porter même sur la tête une pancarte de sa nationalité, l’haïtien actuel aime être appelé par tout autre nom que haïtien. En ce sens, l’opinion publique est unanime : « sou Duvalier Blan te konn respekte ayisyen »!

Ce n’est pas une mince affaire pour quelqu’un qui aurait pu faire d’autres choses afin de réussir sa vie humblement de se jeter à la gueule du loup de telle sorte à battre à plate couture l’hydre d’un système corrompu par la mesquinerie, l’appât du gain... Quelqu’un d’extraordinaire et de différent en tout cas dans l’histoire, qui croit à un Haïti où tout le monde - quel que soit sa classe, son origine sociale, économique et politique (de l’avant ou de l’arrière du pays)- puisse vivre en paix dans l’égalité de chance pour tous. Un rêve qui lui a coûté un sacrifice énorme : sa vie! Un sacrifice qui, malheureusement n’est pas récompensé par faute de la naïveté d’une folie animale, d’une insolence aveuglante, d’une immaturité incrédule de Jean-Claude Duvalier qui a vendu l’âme de la révolution duvaliérienne, livré les lauriers des quatorze ans de combats constants, en épousant la fille d’un ennemi juré du régime, de son nom Michel Benett (un agent double, qui figurait le système des corrompus et des frustrés). Cette dernière, est l’ex épouse de Alix Pasquet Junior- le petit fils de Alix Pasquet, un mercenaire qui, le 28 Juillet, commande une invasion composée de deux ex-lieutenants haïtiens (Philippe Dominique et Henry Perpignan), puis cinq étatsuniens dont deux chérifs successivement Arthur Payne (un homme réputé dans la fabrication l’instabilité) et Dany Jones, pour renverser le pouvoir.

Une telle ambition de Pasquet que le pays n’a pas manqué à la lui faire avaler à coup de lattes. Voilà, une simple erreur politique de « Samson épousa Dalila »  qui a renvoyé le régime au cimetière de 1986 où les vampires érigeaient un monstre d’une face humaine afin qu’ils aient pu rattraper, les plus rapidement possible, les 29 ans perdus-temps  de l’antidote de leur venin. Ils ont imposé, depuis, une dictature qui se nourrit de la chair, de la fierté, de la honte, du rêve de la population; de la souveraineté, de la belle page d’Haïti dans l’histoire universelle. Ces vampires sont partout et travaillent chacun pour un seul but, malgré l’illusion de voir que chaque acteur fasse des choses différentes l’un par rapport à l’autre. Ces vautours, ils professent leur évangile de la dégénérescence par monts et par vaux,  comme dans : l’école, l’université, l’économie, dans les médias (radios, télévisions, deux voies de diffusion de mensonge), presses écrites etc.  « Nou mele ak pil vòlè sa yo », disent-ils des gens de la population.

Toujours on traite Duvalier d’assassin, de cynique, etc. Alors, devrait-il  se croiser les mains pour assister au dégât de ses quatorze (14) attaques criminelles? Et combien de ces attaques aurait-il la chance de connaitre? Laquelle d’entre elles serait pour l’épargne de sa vie? Mais, comment opérer le cancer de la politique haïtienne sans pour autant mettre de couteau à la plaie historico-systémique? Assez, les hypocrites!
Raymond ARON, dans son texte intitulé Démocratie et Totalitarisme (p.342), affirme que : « tout  régime politique se définit par un mode particulier de réglementation des conflits sociaux et de renouvellement des équipes au pouvoir [...], il serait déraisonnable d’affirmer qu’un de ces régimes (le régime constitutionnel-pluraliste et le régime monopolistique) est bon et l’autre est mauvais, que l’un présente le bien et l’autre présente le mal [...]. Les deux régimes sont en tant que tels imparfaits. Mais l’imperfection n’en est pas de même nature », ce qui sembla contraire aux prétentions des anti-duvaliéristes aguerris qui ont cru que les solutions aux problèmes surviendraient une fois passer à un autre système politique contraire à celui d’alors. Eh là, ils furent tombés dans la déraison dont parle ARON pour avoir pensé la résolution d’un problème seulement par le contraire d’une cause qui serait à son origine. Un lendemain de 1986 d’ombres et d’improvisations incultes!

Peu sont ceux qui croyaient que cet affolement allait embarquer des tourments redoutables et infernaux qui allaient compromettre l’avenir de ce pays. Étant donné que le feu d’illusion du changement s’allume, on n’a pas vraiment le temps pour penser à la nature de ce changement projeté. Ou encore, on n’allait pas gâter la fête avec des remises en question qui se révélaient d’ailleurs trop dilatoires. Entretemps, les ficelles sont en train d’être tirées dans l’ombre de cette période d’éphorie et de jouissance, et des rêves-pollutions, en lieu et place de révolution, suivent tranquillement leur chemin.

 « De belles idées caressées, de beaux discours qui dissimulaient de pernicieuses intentions ». Puisque le vrai projet de ces anges de la perversion, forgeurs de cette ère nouvelle, était de redonner les rênes du pays aux prédateurs historiques de la souveraineté des États (les U.S.A), à la prédatrice des richesses du pays (la lumpenbourgeoisie post-indépendantiste et post-occupation yankees). C’était de permettre à ce que le pouvoir, depuis coule dans le moule des analphabètes et des charlatans; d’ouvrir la voie d’accumulation des richesses douteuses et à l’infestation des narcotrafiquants présents désormais dans le circuit de l’État; d’ouvrir la porte du terrorisme par la gangstérisation des jeunes touchés par la vulnérabilité économique la plus féroce du pays... Ce que les résultats nous renvoient aux yeux d’ailleurs!

Car s’il y a une croissance que le pays a connue durant ces trente-trois ans  (33) ans de règne des vampires post-1986, c’est celle de la pauvreté, de la misère, de la corruption, du sous emploi, de la criminalité, de l’expansion de l’usine du mercenarisme, de l’exclusion sociale et économique, etc.
« A monchè, mwen regrèt mwen te patisipe nan asasinay kolektif sa, pou voye Duvalier ale. Monchè mwen te jenn, mwen pat konprann si sete la sa t ap mennen peyi a », nous dit quelqu’un d’une figure emblématique du chambardement des années 1986.
À ce moment-là, nous comprenons pourquoi il faut enterrer Duvalier.
Pour cela, il faut tuer socialement, physiquement tout ce qui proteste contre le nouveau système; il faut mettre dans un inconfort les plus conscients de la situation du pays (les étudiants) afin qu’ils n’aient pas de temps pour penser à la source et les vraies auteurs de cette dégénérescence actuelle; il faut éviter  aux jeunes réticents, quel que soit leurs niveaux de formations, d’entrer dans le système sans des séances d’initiation préalablement conçues de leurs mains; il ne faut jamais y avoir de Campus Universitaire d’État à la place de cette dissémination facultaire afin d’éviter qu’une vraie conscience collective se dégage.
En fait, il faut détruire, par tous les moyens dont dispose le système, tous ceux qui se réunissent malgré tout en groupe indomptable et  radical contre.
Partout des voix disent : « Anverite si Duvalier te la, li t ap touye tout asasen sa yo ki met peyi a nan sal ye la!».
Cette fois-ci, nous comprenons bien pourquoi ils traitent de sanguinaire, le Docteur François Duvalier.

La puissance est inexistante, l’État est faible; le mot président perd toute sa valeur, la population se moque des dires de son président; le parlement se transforme en gaguère où des incultes transforment l’esprit du débat en une vague de radotage.    « Depi Duvalier fin mouri pa gen chef leta nan peyi, tout moun fè sa yo vle », fredonnent plus d’un. Là, nous voyons pourquoi ils disent de Duvalier un féroce!
Assez les hypocrites!

Il est temps de mettre un terme à cette hypocrisie; il est temps que les jeunes du pays sachent la vraie version de cette histoire; il est temps de finir avec cette campagne suicidaire et mensongère faite main propre au détriment ou pour la destruction de la mémoire de Duvalier. Le génie, fils du peuple qui a su relever un défi que des héros champions des fusils, tels Dessalines, Christophe, n’ont pas pu arriver à faire, pour avoir saccadé le repaire de corrompus, sanguinaires, ignorants envoûtés par le seul désir immodéré et égoïste du gain. Lesquels étaient des antigènes implantés dans l’âme de la nation depuis le lendemain de 1804; des vampires, des rois des marchés noirs– des narcotrafiquants-, des requins de finances.

Il est temps d’enseigner Duvalier aux enfants du pays afin de les faire comprendre l’essence de leur existence par une obligation du patriotisme; il est temps que les aigris finissent par assumer leurs responsabilités au fait d’avoir  favorisé la recrudescence des anges de la mort, fournisseurs de la pauvreté, de l’exclusion; pour avoir ouvert la voie de l’administration publique aux ultra-analphabètes , aux barons de la drogue et aux criminels nés qui mettent l’avenir de ce pays au carrefour de l’incertitude,  en gangstérisant les jeunes du pays par la mise à leur disposition des armes de guerre afin qu’ils se battent et s’entretuent. Il est temps de faire apprécier Duvalier à sa juste valeur comme le plus grand spécialiste haïtien, jusqu’à date,  de la politique étrangère (rien n’échappait à ce cerveau indépassable du vingtième siècle haïtien dans la maitrise de la réalité, de la conjoncture politique internationale. Que dalle absolument que dalle!). Le génie incontesté de la politique pour avoir été le seul à maitriser le système politique haïtien (particulier et controversé). Ce qui est évident, c’est que d’autres ont tenté à le faire après lui, mais ont sombré par des échecs cuisants.
Papa Doc, un admirateur passionné du Docteur Rosalvo Bobo, qui a échangé sa vie à la cause du pays; celui qui a voulu sonner le glas de la discrimination  au sein du pays. Discrimination, le répétons-nous, un cancer qui a rongé sa jeunesse. Quelqu’un qui aime le pays et qui le faisait respecter.
Poursuivons avec les propos de  Rony Gilot qui, dans  son texte baptisé «Au gré de la mémoire, François Duvalier le mal-aimé » (p. 62), fait état d’un homme d’une personnalité indéfectible qui a donné une leçon au comportement désinvolte d’un ambassadeur étatsunien,  avant même son arrivée au pouvoir en 1957, en disant : « De quoi vous mêlez-vous? La crise est haïtienne; elle sera résolue par des  haïtien. Gardez-vous de vous immiscer dans les affaires intérieures de l’État d’Haïti »! Oui, François DUVALIER, le seul chef d’État haïtien d’un nationalisme intraitable qui a su tenir la draguée haute face à tous ceux (que fut-il Pape, Prête, Évêque, Ambassadeur, Consul...) qui témoignaient un manque de respect à l’autorité haïtienne ou à quiconque citoyen haïtien. Sur ce, prenons le cas des différentes expulsions : du prêtre et de l’Archevêque étrangers, successivement GRINENBERGER et François POIRIER; du représentant de l’OEA en Haïti; de plusieurs diplomates étrangers dont le diplomate yankee Raymond THURSTON... Ce n’était qu’à cette époque de grandes prises de mesures nationalistes que la République d’Haïti a su sortir du giron de la confusion géographique qui lui était attribuée autrefois –Tayiti-; où le pays tirait bénéfice de son statut d’État égal à tous les autres États sujets du Droit International Public, en dépit de l’étendue de différence de niveau socioéconomique qui le séparait d’eux. Donc, le respect du pays et des ces ressortissants a d’alors été une nécessité pleine et entière.

Bref, François DUVALIER est une source inépuisable et riche de ressources intellectuelles à explorer. Nous le redisons bien, inépuisable et riche! Que le monde sensible comblé d’adeptes- partisans des ouï-dire, des on-dit qui n’ont aucun fondement scientifique, ou encore aucun sens rationnel, critique et objectif des choses- aille mettre son cœur à l’ouvrage pour comprendre, pour voir dans quel fossé historique et ignare que les langues de vipères médiatisées l’ont mis depuis des lustres. Que cet analphabétisme politique, faisant place à la passion au lieu de la raison,  cesse dans la conscience haïtienne. Que les sciences politiques soient étudiées en tant que telles- où les phénomènes, les réalités politiques cessent d’être galvaudées par des interprétations juridiques hors de propos, maitresses d’une désinformation trans-générationnelle. Des tourments majeurs à la conscience intelligible! Ne croyez pas un mot jusqu’à ce que vous découvriez vous-mêmes. Déshabillez-vous de cette fantasmagorie infâme, de ce trompe-l’œil de décrépitudes médiatocratiques. Désenchantez-vous de tous les propos tendancieux et subjectif; de tous les stéréotypes bovarystes; de cet anachronisme galopant actuel et de toutes les idées préconçues. À partir de ce moment vous vous êtes avoués prêts à faire la connaissance de cette personnalité incarnée à tout jamais dans l’idiosyncrasie de la politique haïtienne.


Rutherford Tcharlends PIERRE, Politologue et Juriste, Directeur de Publication
E-mail: rutherfordtcharlendsp@gmail.com, 


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