SRAS-CoV-2 : Une potentielle crise
économique et financière
La tâche des économistes est considérée comme plus que
noble dans les sociétés. Elle consiste surtout à
interpréter les données ou phénomènes pour produire des analyses, modéliser ou expliquer et surtout pour faire des prévisions sur les caractéristiques économiques des sociétés qui sont en effet,
l’essentiel du quotidien, notamment la production
de biens et de services, la répartition
de revenus qui proviennent de
cette dernière, l’échange de biens et
de services qui se fait sur un marché moyennant une contrepartie (le prix) et
enfin la consommation qui peut se
distinguer entre la destruction finale immédiate ou progressive d’un bien et
son utilisation dans la fabrication d’un autre bien. Les économistes doivent être alors aptes à anticiper l’impact d’autres phénomènes ou crises qui ne sont
pas forcément d'ordre économique sur le fonctionnement de l’économie, quel que soit
leurs origines. On l’appelle -l'économiste- souvent
médecin social, car il doit veiller à la santé économique de la société qui, selon l’économiste
britannique Nicholas Kaldor
(1908-1986) dans son fameux « Carré
magique » (une représentation graphique de la santé
économique d'un pays), repose sur quatre piliers :- · La croissance économique,
- · Le plein emploi des facteurs de production,
- · L’équilibre extérieur de la balance commerciale,
- · La stabilité des prix.
D’entrée de jeu, le terme SRAS-CoV-2
qui nous intéresse ici, selon l’abréviation anglaise « Severe Acute Respiratory Syndrome-Coronavirus
», responsable de la pandémie
« Covid-19 » (Solidarité-sante, 2020)
d’après l’OMS, présentant principalement un « Syndrome Respiratoire Aigu
Sévère » chez l’être humain,
est l’autre appellation de cette maladie virale Coronavirus deuxième (2ieme) version depuis la fin de décembre
2019.
Ce
coronavirus COVID-19 a déjà touché plus de 205 pays à travers le monde dans l’espace
de seulement trois (3) mois (janvier à mars 2020) et infecté un total de « 1 521 459 personnes » (worldometers.info, 2020) alors que plus de trois milliards de personnes sont appelées à
se confirmer d’après les prévisions de certains chercheurs que l’OMS n’a pas démentis.
Déjà la pandémie a tué plus de 80 500 personnes, partout sur la planète. Ces chiffres sont très inquiétants.
En novembre 2002, elle était déjà
apparue à partir de la consommation de chauve-souris dans la
province Guangdong, en Chine. De novembre 2002 à 31 août 2003,
le virus a infecté au total 8 098 personnes dans une trentaine (30) de pays et a causé seulement 774 (Camille Moretti, 2020)
particulièrement en Chine, à Hong Kong,
à Taïwan, et
en Asie du Sud-Est. A cette époque, les
asiatiques avaient toujours l’occasion de voyager dans d’autres pays. Le
phénomène de la mondialisation qui encourage la libre circulation des capitaux,
des biens et services et surtout des
humains était toujours au rendez-vous, ceci, depuis des années avant. Cette
maladie qui a réellement pris fin en 2004 restait dans le cadre d’épidémie,
elle ne traversait pas de continent.
Les impacts de cette crise sanitaire sur
les économies du monde seront plus que catastrophiques que ce soit sur
l’angle de la production (alimentaire et autres), du commerce et de la finance. Aucune économie n’est épargnée, qu’elle soit riche ou pauvre. En effet,
cette crise touche beaucoup de secteurs dans la vie économique, en passant par
la rupture des activités industrielles, des agents
économiques perdent leurs emplois, l’importante baisse de rentrées pour les
chaines hôtelières et les entreprises de restauration est évidente.
Elle pénalise le tourisme, les transferts
d’argent de l’étranger, les importations et exportations se chutent
énormément. Selon
l’OMC, le commerce mondial pourrait chuter d’un tiers. Par conséquent, la ruine
(pauvreté) des nations se confirme par cette maladie qui met à nu les
faiblesses du système de santé de certains grands
pays. Il faut s’attendre à la pire récession dans les économies partout dans
le monde.
On est en train d’assister à un fait
historique aux Etats-Unis d’Amérique. Le coronavirus y a fait augmenter le chômage. « Plus de 16 millions » de personnes (France 24, 2020) ont pu recevoir une allocation de chômage. Selon les estimations de l’Institution financière internationale de
banque assurance d’origine néerlandaise, «la
banque ING » (Internationale Nederlanden Groep) une
baisse de 8,6 % (Alain Guillemoles,
2020), en rythme
annualisé au deuxième trimestre de l’année en
cours du PIB est prévue. Le PIB
pourrait chuter de 10 % sur toute l’année 2020.
En 2020, la
planète est sur le point de confronter à sa plus grande crise alimentaire. A
cause du coronavirus une "pénurie alimentaire" s’annonce à
travers le monde parce que les activités des centres de production sont arrêtées car les travailleurs sont confinés
chez eux et les portes des entreprises sont fermées. Les chaînes d'approvisionnement alimentaire sont coupées
dans le commerce international avec les mesures d’interdiction de voyage prises
un peu partout dans le monde.
Nous sommes en train de faire face à une crise financière
sans précédentepour les économies. Nous
devons d’abord attirer l’attention sur cette Ruée bancaire (Bank run en englais) qui menace de paniquer les systèmes bancaires et conduire les banques en faillite. Sous l’effet de la rupture des activités
économiques un grand nombre de clients vont en courir aux guichets pour retirer
leurs argents parce qu’ils craindront que leur banque ne soit (ou ne devienne)
pas insolvable, puisque les banques ne peuvent plus recevoir les dépôts des
épargnants pour assurer leur fonction d’intermédiation financière qui alimente
leur trésorerie et garantit leur profit. Cette situation sera pire après la fin
du confinement.
Nous devons également attirer l’attention
sur le fait que la « bourse »[1] des « valeurs
mobilières »[2] n’est pas
épargnée des retombées négatives du coronavirus. Celui-ci permet la tombée des prix des titres financiers
(actions et obligations) avec la quasi inexistence des négociations à l’achat
ou à la vente entre les « agents à capacité de financement »[3]
(investisseurs) et ceux qui ont besoin du financement »[4] . Ce phénomène communément appelé « Krach boursier » qui s’explique
par la fragilisation des investissements sur les marchés financiers par rapport
à tout ce climat d’incertitude et de risque élevé pour le rendement aux
affaires engendrées par cette crise sanitaire mondiale, laisse déjà des conséquences
graves sur les chiffre d'affaires des entreprises européennes. Certaines peuvent
subir des pertes énormes et peuvent donc faire faillite partout à travers le
monde.
En guise de conclusion, l'impact économique dévastateur
du coronavirus qui se fait déjà sentir par de nombreux canaux dans la vie économique, passant par la montée du chômage,
la chute des PIB avec la fermeture imposée des activités commerciales, des magasins et des centres de production et des mesures d’urgence qui ont
fortement influé sur des secteurs, comme le commerce de détail en gros,
les loisirs, le tourisme, le transport etc.… vont mettre les nations en péril. Cette crise sanitaire sur laquelle le doute d’un quelconque « espèce
animale » qui est à son origine et son émergence dans le monde,
plane encore, -les preuves ne sont pas encore concluantes-, est responsable de l’effondrement chronique que l’économie commence à connaitre à l’échelle mondiale.
Romario LOUIS, Economiste
En Master2 : en Management et Economie
Internationale
À L’université de Renne 2
[1] En économique et en finance, lorsqu’une entreprise,
privée ou publique affiche et permet de découvrir le prix d'actifs standardisés
et d'en faciliter les échanges dans des conditions de sécurité satisfaisante
pour l'acheteur et le vendeur, ce mécanisme s’appelle « Bourse ». Elle est donc
un moyen direct de lever des fonds pour les entreprises qui cherche à financer
leur investissement par l’épargne de long terme.
[2] Les valeurs mobilières ou instruments financiers sont catégories de titres
financiers émis
par des personnes morales (entreprises), qui peut être soit un titre de propriété, soit un titre
de créance, et qui confèrent des droits standardisés aux investisseurs
détenteurs.
[4] ABF
: Agent à Besoin de Financement

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