La Covid-19 face à
l’économie mondiale : un frein ou une opportunité de croissance ?
Aujourd’hui, il est évident de croire que la Covid-19
est une réalité, ayant capté l’attention humaine par rapport au nombre important
de pertes en vies humaines enregistrées et de cas confirmés par le biais des
tests effectués par les autorités sanitaires à travers le monde[1].
Sa propagation se fait à un rythme exponentiel. Les statistiques publiées sont inquiétantes
certes- il faut toujours les penser à la hausee, car au moment même de leur publication la Covid-19 fait encore son chemin-, mais ne peuvent en aucun cas tenir compte des dégâts futurs compte tenu
du long parcours à faire par la Covid-19.
Aucun
recoin du monde n’est exempt des dégâts que pourrait causer cette
pandémie. Le monde est en danger. Les gouvernements, les blocs économiques mondiaux
et les institutions internationales sont mobilisés à prendre des décisions
urgentes pour répondre aux exigences du moment. Celles qui ont rapport aux
règles sanitaires ou aux principes d’hygiène doivent être mises en application
afin de limiter à un certain niveau la propagation du virus. Pourquoi ne met-on pas l’accent sur la totalité des décisions prises par les autorités
politiques ? La raison est simple car nombreux sont les gouvernements qui
ont pris des mesures pour répondre à
l’exigence sanitaire mais non à l’exigence économique.
Cet
article n’a pas pour objectif de faire une étude descriptive de la Covid-19
mais de présenter une analyse approfondie sur son impact et les opportunités
qui peuvent en découler. Toutefois, la lecture d’un article qui a été publié
par Wiguens DUCLOS, le 09 avril 2020, sur Link Haïti Média, portant
sur la Covid-19/Haïti, vous aidera à mieux comprendre certains aspects et
enjeux considérables liés à celle-ci.
D’abord,
au moment où nous parlons, toutes les économies sont touchées soit directement,
soit indirectement par le virus. D’après les statistiques générales
publiées, depuis le 07 avril 2020, sur le site : lafinancepourtous.com sur l’impact de l’épidémie de la Covid-19 sur l’économie
mondiale, tous les pays du monde sont lourdement impactés par le virus. En
outre, des indicateurs économiques de certains pays ont été présentés pour
expliquer en quoi consiste ce choc économique majeur. Aux États-Unis, on a
enregistré 6.6 millions de
demande d’allocation chômage sur la dernière
semaine du mois de mars ; en France, la baisse des ventes de voitures est
estimée à 72% pour le mois en question ; en Chine , on a observé une
baisse de 13,5% de la production industrielle en janvier et février ; au
Japon , une baisse de 14% des importations en février ; au Brésil, la
bourse a chuté de 33% en mars ; en
Afrique , une réduction de 14% de la valeur du Rand sud-africain (ZAR) par
rapport au Dollars des États-Unis (USD) ; en Arabie Saoudite , le prix du
pétrole a atteint son plus bas niveau depuis 17 ans (22$ le baril) et
enfin, en Australie, la première récession est prévue après 29 ans de
croissance. Entre autres, pour paraphraser Anne-Catherine HUSSON TRAORE,
Directrice Générale de Novethic, dans un article paru le 17 mars 2020, la
Covid-19 met l’économie mondiale à genoux, les bourses dégringolent, les
entreprises ferment leurs portes, les gens se confinent et le moteur de
croissance qu’est la consommation dans les pays développés est à l’arrêt. C’est
l’opportunité pour un nouveau départ.
Ensuite, le commerce mondial,
c’est-à-dire l’élément garantissant la plus forte part de la consommation des
pays moins avancés, est au ralenti selon un rapport de l’Organisation Mondiale
du Commerce (OMC). En 2008, lors de la crise financière des subprimes, le
commerce mondial a subi un choc significatif
et a connu un rebond deux ans plus tard (2010). Par ailleurs, pour la
période allant de 2010 à 2018, les échanges commerciaux à travers le monde ont
crû de 13% et ont baissé durant l’année 2019 de l’ordre de 1.2%, soit son plus
bas niveau depuis 10 ans. Ce ralentissement de la croissance du commerce
mondial a été fortement pénalisé par la guerre commerciale entre les États-Unis
et la Chine. Avec
13% du total des exportations selon les dernières statistiques de l’OMC,
publiées en 2018, la
Chine s’impose présentement comme la première puissance exportatrice mondiale
de biens et de services. Tout le monde est persuadé qu’elle est le pays de
provenance de la Covid-19, alors qu’elle y est même aussi gravement frappée. En
effet, c’est un coup dur pour le commerce mondial ; un coup dur pour
l’économie des puissances économiques mondiales et également, un coup dur pour
les pays sous-développés qui dépendent
quasiment de l’économie de ces puissances industrialisées.
Enfin,
selon les conclusions du rapport de l’Organisation de Coopération et de
Développement Économique (OCDE), publié le 01 avril 2020, l’économie
mondiale est en danger et le taux de croissance mondiale, révisé à la baisse.
En ce qui a trait à l’évolution de la situation, par le biais de
ces études, Abou SARRA a esquissé deux scenarios : le premier, une
hypothèse soft, considère que l’épidémie atteindra un pic au premier trimestre
2020 avant de baisser en Chine le trimestre suivant, et que sa diffusion dans
le reste du monde sera relativement connue. L’actualité du moment confirme
cette hypothèse. Le second scénario est plus alarmiste et met en exergue une contagion
domino, largement diffusée et contrôlée. Dans ce cas, l’effet sur le PIB
mondial pourrait monter à 1.5%. Les années qui suivront le passage de ce virus
mortel apporteront une conclusion.
Quand
est-ce-que ça va retourner à la normale ? L’avenir vous répondra. Une
analyse portant sur les conséquences de la Covid-19 sur l’économie mondiale
permet sans doute de conclure que cette pandémie pourrait freiner la croissance
de l’économie mondiale mais pas la peine de rester dans l’inquiétude car il y’a
encore de l’espoir. Il suffit tout simplement que les puissances économiques
mondiales pensent à changer de modèle de développement et du même coup le
rendent opérationnel. La Covid-19 s’impose aux politiques publiques.
Conséquemment, elle doit être prise en compte et considérée comme le référentiel
dans toutes les mesures de politiques publiques.
La
Covid-19 peut-être une opportunité de croissance pour les pays qui priorisent
les investissements en infrastructures publiques et qui mettent en valeur le
capital humain. Au sens de François Perroux dans sa théorie des pôles de
croissance : « la croissance n'apparaît
pas partout à la fois ; elle se manifeste en des points ou pôles de
croissance, avec des intensités variables ; elle se répand par divers canaux et
avec des effets terminaux variables pour l'ensemble de l'économie ».
Quels pays qui seront des pôles de croissance suite au passage de la
Covid-19 ? Pour l’instant, personne ne le sait. Une tentative de
réponse à cette interrogation sera l’objet de la prochaine publication.
Économiste & Administrateur Public/ INAGHEI
thpetitphat00@gmail.com
[1]
Recherche effectuée sur https://www.worldometers.info/coronavirus/ , le 18 avril 2020 à 02h:24PM. Selon la
publication du jour, le nombre de cas confirmés dans le monde est estimé à 2
308 173 et le nombre de morts correspond
à 158 881.

Très bon article, bien rédigé et bien écrit! Bravo camarade! Tiens bon!
RépondreSupprimerMes félicitations ! Je vous suggère aussi de publier à travers les Cahiers de L'INAGHEI les avis publiés par le décanat , les informations importantes pour la communauté inagheienne. Merci. Je suis un fils de L'INAGHEI et de la promo 2012-2016.
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